dimanche 20 mai 2018

May Day 5 , La promesse de l’aube


2  heures avant les lueurs de l’aube,  l’ombre de Huahine se révèle grâce à la complicité de la lune. Jean-Luc le navigateur a été parfait comme d'habitude.











À 8h45, après 36 heures de mer, nous  embouquons la passe d’entrée de l’île. Quelques corps morts sont disponibles à l’ouest des quais de Faré  à proximité du Huahine Yacht Club,  restaurant sur le quai qui peut fournir de l’eau douce.










Intervention de près de 3h00  par Claude sur le guindeau qui a montré  de sérieux signes de faiblesses à TIKEHAU (relevage à la main, utilisation du mouillage de secours)  bref des contacts électriques défaillants et des charbons fatigués. 
Claude vit au Sud de Fare  dans uen maison qui donne sur le lagon  et fait du charter avec son monocoque et intervient en dépannage sur les bateaux de passage.
Il partage avec nous  quelques unes de ses interrogations sur les effets de la sur-pêche des oursins sur la barrière de corail et ceux  de l’éclairage nocturne de la route côtière sur la ponte des tortues.
A Faré, on y trouve  toutes les commodités, le Super U local n’a rien à envier à nos magasins métropolitains, et  sur le port des vendeurs de légumes et de poissons 🐠...par contre pas de gas-oil à quai. Nous savons nous en passer, Eole ne nous a pas lâché.


























Vélo et escapades vers les  marae de Maeva pour les uns et les pièges à poisson, bain et farniente pour les autres. Le coucher de soleil de la terrasse du Huahine Yacht Club ne manque de charme.















Grand Banian tricentenaire au moins qui jouxte les vestiges d'un Marae





Pièges à poisson sur le lagon













4 mai Fait ce qu’il te plait .

..
Trajet au portant sans histoire, aucun dérangement,  même pas peur, aucun lien  fil(s) unique,  je sais c’est nul.
À peine un grain brumisateur, pas de radio, pas de tél, pas de bateau à l’horizon, pas d’oiseau (c’est moins bien) et toujours pas de poisson du large. Devons-nous nous séparer du chef pêcheur  Michel à moitié  bigouden  et de son adjoint servile Francis presque Porquerollais? 
Un matériel de pro, un couteau à fileter dernier cri, pas de retour sur investissement en vue...
Le conseil de tribu devra trancher dans le vif à défaut de trancher dans l’ouïe.




3 mai Raie aux pointes noires,



Au sud ouest du lagon à proximité immédiate d’une ancienne ferme perlière abandonnée suite au cyclone de 1998 sur le motu MAHUU, la tradition veut que les raies mantas viennent se faire nettoyer en début de matinée par un petit poisson spécialisé, le labre. Il n’y a pas de petit métier.

Les bateaux des pensions sont là avant nous, le beau Serge en tête. mais point de raie, la manta s’est fait désirée, telle Nessie. Pudique, elle n’est pas LOUIS XIV et ne souhaite pas s’exhiber lors de sa toilette intime. 
Nous Maintenons cependant notre séance de séance de snorkeling favorite, bien nous a en pris ce sont les pointes noires qui font la cour.
Nage avec les requins, pas ceux de la finance, presque aussi bien que danse avec les loups. Kayak....
























On se fait au rythme du lagon......


Las, quand vient le moment de remonter l’ancre, mauvaise pioche, la notre s’est amourachée d’une patate pourtant pas très  douce.  Cette idylle corallienne que n’aurait pas reniée la plume de  Francis Cabrel,   nous donne du fil à retordre. Pas plus d’alpiniste que d’apnéiste  confiirmé à 10 mètres à bord du bateau.





Une descente  rapide le long de la chaîne du captain  qui murmure à l’oreille des ancres, nous délivre sans  encombre grâce la promesse de rencontre de plus belles patates, déchaînement garantie.




Il est déjà  temps de retrouver notre mouillage d’arrivée près du village des pêcheurs.
Traîne à l’eau objectif faire mentir mon petit quatrain:

Bredouille en mer 
On peut se refaire 
Timoré dans le lagon 
Voilou pour le poisson

La dextérité de nos pêcheurs doublé d’un début de rassurance vis à vis de  l’absence de la gratte surnom de la cigüatera, nous conduit à rechercher notre pitance, en effet très rapidement les 2 Claudettes du bord se trémoussent autour d’un beau barracuda ...barracuda.



















Nous reprenons le mouillage devant le village de pêcheurs au nord est de la passe de Tuheiava.
La liesse se prolonge par les retrouvailles avec nos deux recolteurs de coprah qui nous gratifient de 6 belles Carangues bleues récupérées dans un des parcs à poissons. Il lèvent les filets devant nous. 




























Nous voilà enfin dotés correctement en poisson frais.
Ils n’oublient pas les équipières du bord gâtées par des coquillages ramassés par l’un de nos nouveaux amis.








Deux Hinanos plus tard, nous en savons un peu plus  sur la vie de récolteurs de Coprah. Deux  semaines de travail sur le motu, des bidons d’eau, un panneau solaire pour charger les téléphones portables, du poisson cru ou grillé ( le garde manger devant la cabane), suivi  de 2 semaines au village (45 minutes de trajet avec leur canot à moteur).
Autour d’une tonne  de coprah. par mois quand tout va bien, sans aucune aide mécanique soit 1000€ à se partager à deux. 
Ils nous parlent aussi de la nécessité de faire venir de la terre pour remplir des tranchées qu’ils creusent autour de village pour cultiver quelques légumes.
Chaleureux,  généreux et simples, ils n’ont pas voulu plus d’un pack d’HINANO, en restera-t-il encore dans 15 ans?  TIKEHAU sera-elle encore là dans 100 ans si la montée des eaux se confirme?










Nous ne regrettons pas cette part de  navigation un peu longue sur un un séjour court, les photos et   les films aussi beaux soient-ils  ne remplacent ce contact direct  même court avec ces lieux  et ces hommes d’exception. 

«  de ces atolls, le touriste ne retient que l’esprit enchanteur, les couleurs du lagon, le vert mordoré des cocotiers. C’est oublier que ces lieux constituent l’un des milieux  les plus hostiles à l’homme. » Toulellan
« Un atoll, on aime jusqu’au fonds des tripes ou bien on aime pas. Si on aime seulement un peu, ça devient très vite  pas du tout. Il y a les moustiques, les Nono (minuscules moucherons dont la piqure provoque de terribles démangeaisons), les mouches qui accourent à l’odeur du poisson, les rats qui viennent fouiller partout, les requins  parfois dangereux...Il y a aussi le soleil vertical qui rebondi en flammes sur les reflets  de l’eau tranquille pour cogner encore par en bas » Bernard Moitessier.




Les bains nocturnes ne font pas recette,   et pour cause!






Carangue crue citron et lait de coco suivi de pavés de Barracuda à l’unilatérale.
20h30, appareillage  sous grand voile, descente sur l’alignement  lumineux de sortie,  20h50 cap sur Huanine alizé ESE 12 à 15 nœuds. 190 miles devant nous. 
Route Pêche .....enfin peut-être 

Le retour du jeudi ....

L'histoire de cet épisode se déroule un an après les événements de  L'Empire contre-attaque . Le maléfique  Empire galactique  const...